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A l'occasion des campagnes pour les élections présidentielle et législatives, les rédactions des Hebdos Normands s'unissent pour donner la parole à leurs lecteurs.

jeudi 15 mars 2007

François Hollande répond à nos questions

Les Hebdos Normands publient cette semaine une interview de François Hollande. Le premier secrétaire du Parti socialiste sera en meeting à Argentan le mercredi 21 mars (17 h, à la salle des fêtes). Il se rendra ensuite à Lisieux où il participera à un banquet républicain (20h, parc des expositions).

Les Hebdos Normands : A moins de deux mois du premier tour, des électeurs du Parti socialiste disent hésiter à voter Ségolène Royal. Que leur dites-vous ?

François Hollande : « Le pacte présidentiel de Ségolène Royal porte des valeurs de cohésion et les propositions qu’elle présente répondent aux urgences sociales, écologiques et démocratiques.
Sur l’emploi, elle affirme qu’il faut « travailler tous », avec un engagement : aucun jeune ne peut rester plus de 6 mois au chômage sans qu’il lui soit proposé un emploi tremplin ou une formation rémunérée. Sur le pouvoir d’achat, elle est la seule à vouloir ouvrir une grande négociation avec les partenaires sociaux sur les salaires et sur les aides de l’Etat qui doivent être concentrées sur les entreprises qui embauchent.
Sur l’école de la République, elle en fait sa priorité, non dans les mots, mais dans les moyens donnés aux enseignants et au soutien des élèves. Enfin, elle est consciente de l’ampleur de la crise démocratique et elle propose une République nouvelle avec un Parlement renforcé et une meilleure représentation des citoyens. Voilà l’enjeu de l’élection présidentielle : le changement dans la clarté.
Un deuxième tour sans la gauche, ce serait encore, comme en 2002, un non-choix, avec tous les risques de confrontation et de confusion. »


Les Hebdos Normands : Qu’est-ce que ça apporterait qu’une femme devienne présidente ?

François Hollande : « Une femme présidente de la République en France, ce serait d’abord une nouvelle pratique politique et un changement dans l’exercice du pouvoir. Ce serait aussi l’aboutissement de la parité. Une femme peut réussir là où tant d’hommes ont échoué. Ségolène Royal a montré tout au long de son parcours politique des qualités de caractère, de conviction, de courage et d’écoute, qui en feront une grande présidente. »


Les Hebdos Normands : La gauche est à son plus bas niveau. Y voyez-vous un risque pour le second tour ?

François Hollande : « Il y a aujourd’hui encore beaucoup d’indécis, plus de 40 % de nos concitoyens. Il est trop tôt pour tirer quelques conclusions que ce soient sur les rapports de force entre la droite et la gauche. Nous sommes encore à plus de trente jours du premier tour et la campagne officielle n’a pas encore commencé. Nous ne connaissons pas encore la liste des candidats.
Le niveau de la gauche n’a pas de raison d’être plus faible qu’en 2002 et même qu’en 2004, à condition que les voix de gauche ne se laissent pas disperser sur des candidatures qui ne sont pas de gauche et l’objectif de Bayrou est d’aboutir à une alternance au sein de la seule majorité UMP-UDF. Et non pas d’une véritable alternative dans le pays. Seule Ségolène Royal porte cette volonté. »

8 commentaires:

Anonyme a dit…

Un des arguments de la gauche est de faire porter le chapeau de notre désastre socio-économique à la droite, au pouvoir depuis cinq ans. Or, nous sommes très nombreux (à gauche) à faire l'analyse que les responsables de notre économie calamiteuse, de l'état désastreux du niveau scolaire en général et de nos universités sont ceux qui nous ont si mal gouvernés ces vingt-cinq dernières années, c'est-à-dire le PS et le RPR/UMP. Incapacité à réformer, impossible de légiférer à cause justement de l'éternel clivage gauche-droite, voilà le triste bilan global que je suis capable de faire comme tant d'autres : ce qui me place dans la catégorie des très mécontents, des déçus du PS, et pas du tout rassurée par les interventions de Mme Royal. Alors lorsqu'apparait la bonne vieille troupe des anciens, c'est comment faire du neuf avec les vieux ? ceux-là mêmes qui nous ont fait la France d'aujourd'hui ! Il n'y a strictement rien dans le "programme" du PS qui peut me convaincre qu'il gouvernera autrement. Ce sont les mêmes qui reviennent, avec les mêmes dogmes, les mêmes discours, les mêmes formules toutes faites. Plus d'impôts, un coût financier exorbitant pour un budget de programme bien flou, des promesses intenables. Il ne suffit pas de dire "JE veux" ! il faut aligner les chiffres. Et avec quel argent ?

J'ai toujours voté socialiste et, pour la première fois de ma vie, je vais voter pour F. Bayrou dont les propositions sont dépourvues de populisme, de démagogie et me rendent de l'espoir. Il y a quelque chose de très humain, de proche chez lui : honnêteté, intégrité, bonne connaissance des dossiers, bon chiffrage. Mme Royal me paraît être avant tout une femme de pouvoir, dure et méprisante pour quiconque se met en travers de son chemin. Avec elle c'est l'immobilisme assuré, le retour en arrière. Avec Sarkozy, c'est l'aventure de tous les dangers.

Anonyme a dit…

Qui a évoqué son« rêve, qu'un jour tous les enfants dont les familles sont françaises depuis des générations, tous les enfants de rapatriés et de harkis, tous les enfants d'immigrés, tous les petits-enfants d'Italiens, de Polonais et de Républicains espagnols, tous les enfants catholiques, protestants, juifs ou musulmans puissent s'asseoir ensemble à la table de la fraternité »?
Nicolas SARKOZY, au Zénith devant 10 000 jeunes.
Alors Nicole, pensez-vous vraiment qu'"avec Sarkozy, c'est l'aventure de tous les dangers", comme vous dites?

Anonyme a dit…

Nicole vous parlez d'"Incapacité à réformer, impossible de légiférer à cause justement de l'éternel clivage gauche-droite"
Mais enfin je ne comprends pas cette critique au moment où justement nous sommes nombreux à considérer qu'il y a trop de lois et pas assez de dialogue entre les partenaires sociaux. De plus l'incapacité à réformer ne vient pas du clivage gauche-droite, mais bien plutôt du manque de courage politique et de discours véhiculés par certains politiques et syndicats qui défendent leur clientèle et non l'intérêt général!!
Ma vision des choses est qu'il est sain d'avoir dans une Démocratie des conflits d'idées car c'est cela qui aiguise l'opinion publique, lui offre un choix de société.
Monsieur BAYROU surfe sur une idée à la mode qui est la conséquence non pas tant de sa capacité à se mettre au-dessus des partis mais bien plutôt de l'incapacité de la gauche à se fédérer derrière sa candidate.
Alors il faut poser la question fondamentale de la Gouvernance: pensez-vous que Monsieur BAYROU réussira à gouverner avec une auberge espagnole? A-t'il le charisme pour trancher entre une vision de droite et une vision de gauche d'un fait quelconque de société ou économique?
Je pense que cela est dangereux et qu'il n'y aura d'issue qu'un blocage institutionnel! Comment pensez-vous qu'il puisse réformer dans ces conditions? Avec Monsieur BAYROU nous sommes dans l'impasse!

Anonyme a dit…

En réponse à Sébw, je dis que N. Sarkozy a eu ces dernières années pour faire ses preuves, pour montrer s'il était capable de concrétiser dans les faits de tous les jours ce qu'il déclamait par ailleurs. Or, il n'a pas fait grand chose hélas. Des milliers de voitures brûlent encore chaque année, les banlieues, privées d'une police de proximité qui avait pourtant fait ses preuves, sont en passe d'être un "no man's land" où d'ailleurs il évite d'aller porter sa campagne. C'est un très grand bavard, il promet tant et tant alors qu'il n'a pas pu tenir ce qu'il avait promis il y a cinq ans. Ce qu'il veut avant tout, c'est le pouvoir. Pour cela il construit un édifice de promesses qui donne le vertige. N. Sarkozy sert, dans son programme, le monde des nantis, ses grands amis du CAC 40, et je le crois sincèrement, il se fout complètement du "peuple". Je n'arrive pas à le croire sincère. Et ses manoeuvres pour ratisser chez Le Pen me font peur aussi. Ce n'est pas de cette France là dont je rêve.

Anonyme a dit…

Réponse à Sylvain:
Comment dire d'un côté que Nicolas SARKOZY provoque la banlieue lorsqu'il y va rencontrer ses habitants et de l'autre le critiquer lorsqu'il n'y va pas! Soyez cohérent avec vous même!Nicolas SARKOZY a montré pendant les émeutes qu'il était inlassablement sur le terrain aux côtés des forces publiques: est-ce fuire? Il dit des vérités, il parle franchement, et alors? La politique a trop souffert d'un discours technocratique pour ne pas changer: Nicolas SARKOZY incarne ce changement!
Autre observation: si pour vous parler de l'idée de Nation, de l'immigration, d'identité nationale c'est "ratisser chez le Pen" alors jamais nous ne pourrons être d'accord, car nous touchons là une différence idéologique majeure entre la Droite et la Gauche! J'aime mon Pays, j'aime la France, j'aime trop son Histoire pour la voir se déliter, se dissoudre dans l'idéologie de la Gauche qui renie les fondements de notre Nation!
Lorsque je vois un Monument aux Morts des guerres du XXe siècle je ne peux m'empêcher de penser aux sacrifices de millions de jeunes Français, morts pour la France, morts pour notre Liberté, morts pour conserver notre Démocratie. Je ne suis pas là à me repentir, à dénigrer ou à porter des jugements anachroniques! Et je me pose la question suivante: serions-nous capables d'en faire autant? Aimer son Pays c'est l'aimer plus que soi, plus que tout autre individu et c'est le respecter!

Anonyme a dit…

Je constate que Sébw milite ardemment pour N. Sarkozy et c'est tout à son honneur. Je respecte tous les camps, toutes les idées sauf quand elles sont dangereuses pour la République et la démocratie ... alors je les combats avec mes maigres moyens de parole et d'écriture. J'ai envie de dire à Sébw qu'arrivés à nos degrés de conviction, de connaissance des propositions, projets, propositions de chacun des candidats, lui croyant dur comme fer au candidat Sarkozy, moi croyant en mon âme et conscience à François Bayrou, après toute une vie de votes socialistes ... il serait vain d'épiloguer au fil des blogs pour se convaincre ... certes le débat est souvent source d'éclairages nouveaux mais dans son cas ou dans le mien, il risque d'être stérile. Je dirai pour clore le chapitre des opinions, qu'il y a un point d'achoppement quasi indestructible, ça s'appelle "l'intime conviction". Il a la sienne, je le vois bien à ses différentes prises de position. J'ai la mienne : N. Sarkozy est un homme "fragile" mais habile en démonstrations de sa force,ses pouvoirs, son talent. Certes, il y a son programme, son discours, mais il y a "l'homme" ! c'est important ! quel homme est-il ? comment le ressens-je instinctivement ? je laisse parler mon fort pressentiment qui me dit que cet homme est dangereux par ses idées, sa soif de pouvoirs. C'est un homme qui peut être chaleureux et très sympathique au demeurant, je le sais. Mais voilà : je le vois en Jekyll et Hide. Il a quelquefois du mal à maîtriser le Jekyll ... il faut qu'il tienne bon, au moins jusqu'à SON élection. A moins que nous ne soyons très très nombreux à l'avoir démasqué ...
Sans rancune ?!

Anonyme a dit…

Réponse à Yves :

Vous dites: "il faut qu'il tienne bon, au moins jusqu'à SON élection."

Vous sous entendez quoi exactement?

Je tiens à signaler que notre Constitution instaure un régime présidentielle à partir du moment où , en pratique, les Français élisent un Chef charismatique.

Avoir du charisme ce n'est pas être dangereux: aurions-nous peur du changement à ce point?

Je voterai pour SON élection, parce que SA personne incarne un Projet pour la France.

La grandeur d'un Chef d'État n'est pas s'incarner au Peuple qui l'a élu majoritairement?!

Anonyme a dit…

Méfions-nous des chefs charismatiques, nous en avons vu les effets dévastateurs dans les deux derniers siècles de notre histoire mondiale. Ce n'est pas de charisme dont nous avons besoin pour la France, c'est de vision ! quelle vision pour la France ! Monsieur Sarkozy n'est aucunement un visionnaire, ni Madame Royal. Nous avons besoin d'un visionnaire pour nous montrer le futur de notre pays.
Un type comme Badinter fut un authentique visionnaire en matière de justice par exemple.